Noël Mamère
Gens de Garonne
Tome 1. Les forçats de la mer
Tome 2 : le combat des humbles
Œuvre et biographie

Né le 25 décembre 1948 à Libourne, en Gironde, Noël Mamère est diplômé de l'institut d'études politiques de Bordeaux et titulaire d'un doctorat de sciences de l'information et de la communication.
Sa longue carrière de journaliste commence à la radio, en 1969. à l'ORTF de Bordeaux, puis se poursuit à la télévision, sur Antenne 2, où Noël Manière de 1977 à 1992 présente successivement l'émission "C'est la vie", "Le journal de 13 heures" et "Résistances", magazine de reportages consacré aux droits de l'homme dans le monde.
Homme de convictions et de combats, Noël Mamère se tourne naturellement vers la politique
et devient maire de Bègles en 1989 (réélu en 1995 et 2003). Vice-président de Génération écologie en 1992, député an parlement européen de 1994 à 1997, Noël Manière devient en 1997 député de Gironde et rejoint le parti des Verts en 1998.
Auteur d'ouvrages sur la télévision, notamment La dictature de l'audimat (La Découverte, 1988),
La vie rêvée du Loft (Ramsay, 2001), coécrit avec Patrick Farblaz, ou sur la politique comme Non merci Oncle Sam. (Ramsay, 1999), Noël Mamère
fait parler sa sensibilité d'écrivain pour la première fois avec Andriana (Mazarine, 1984) et son attachement à ses racines dans une trilogie romanesque intitulée Gens de Garonne, dont le premier volet s'intitule Les forçats de la mer (L'Esprit du Temps puis Ramsay en 1997) suivi du Combat des humbles (Ramsay, 2000).
Fin XIX e siècle... Chassés de. leur village de Dordogne pour s'être aimés "trop tôt", les Graveille et leur bébé Antoine s'installent à
Bègles, bourgade de vignerons et de pêcheurs
de l'estuaire de la Garornne. Fils de 1a terre,
Antoine devient vite 1'enfant de la Garonne
et rêve de grand large, de voyages et de mers
lointaines.-
À treize ans, pour aider sa famille à survivre, il
devient terre-neuvas et embarque comme
mousse sur "L'Arbonnaise". Un rêve qui vire au
cauchemar lorsqu'il découvre l'enfer de la
"grande pêche", les terribles conditions de vie à
bord des morutier et la violence des hommes...
Revenu de l'enfer de la pêche à la morue, sur
les bancs de Terre-Neuve, Antoine. Graveille-
retrouve sa famille brisée par le suicide de son
père et, une fois de plus, l'extrême pauvreté.
Pour venger le défunt, il entre dans la fabrique
Mazières, au service de cet homme qui a trahi
son père, volé son invention et provoqué sa
mort. Une âpre lutte se prépare. Cependant,
Antoine a compris que les sentiments de sa sœur
pour le fils Mazières allaient compliquer les
choses.
Ce roman, saga d'une humble famille du XIXe siècle, met en place des personnages vrais, justes, vivants, attachants par leur faiblesse en même temps que leur force morale.
L'action s'accélère dans le deuxième tome où l'on entrevoit le germe d'une organisation légale de la lutte ouvrière avec, comme en 1789, le soutien plus ou moins avoué d'un curé de campagne du bas clergé.
La fin de ce deuxième et dernier tome de Gens de Garonne pourrait laisser présager une suite.
(C'est fait :  Le troisiéme tome La malédiction des justes, vient de sortir... Note du Webmestre)
On découvre un Noël Mamère sensible dont on reconnaît par moment le style du journaliste
et de l'homme engagé politiquement.
Dans son roman, Noël Mamère développe des thèmes qui lui sont chers :
-  La condition des travailleurs
Les ouvriers exilés, comme pour une ruée vers l'or, des campagnes vers l'industrie naissante, vivent, désemparés, la transformation brutale d'une société rurale en une société industielle où l'expression maîtresse est déjà " Produire, produire !" ; où le paysan devenu ouvrier doit encore servir pour un maigre salaire tes intérêts d'employeurs impitoyables libres de tout droits, la classe ouvrière naissante n'étant pas encore organisée pour se défendre.
Montesqieu écrivait dans l 'Esprit des lois : "Dans un monde de forts et de faibles c 'est la liberté qui enchaîne et la loi qui libère "
-  Les pêcheurs 
En particulier les terre-neuvas partis pour de long mois à la pêche à la morue mène une vie d'esclave à la merci d'un capitaine seul maître après Dieu nanti du pouvoir de vie ou de mort sur ses marins.
Quelle différence aujourd'ui avec les marins recrutés dans les pays du tiers monde, prisonniers de leur navire et quelquefois abandonnés dans  un port à la merci de l'armateur.
- La condition de l'enfance
Dans ce monde de misère, à 14 ans on est déjà un adulte : 12 ou 14 heures de travail presque forcé dans de terribles conditions parfois mortelles, nécessité d'assurer sa propre subsistance parfois celle de sa famille d'assurer la protection de ses plus jeunes frères et sœurs.
Il faut vivre envers et contre tout ou mourir.
Les enfants ne bénéficient d'aucune protection légale, aucune instruction.
Il n'y a pas d'enfants martyres : Le martyre des enfants n'est pas reconnu.
- La protection de la nature
Par la bouche de Simon, écologiste avant la lettre, l'auteur nous parle des rives de la Garonne ou de la lande avec tant d'amour et de respect du sol qu'on se prend à aimer ce coin de France, à s'y sentir chez soi, presque d'y avoir vu le jour. On ressent l'attachement à ses racines. Il nous apprend l'amour de la terre, nous fait comprendre l'inter-action de l'homme avec elle.