Essai de réhabilitation d'un empereur injustement perçu comme un tyran par les manuels
d'Histoire. Néron était un démocrate avant l 'heure. C'était aussi un gentil
garçon qui subit l'influence d'une maman ambitieuse. Bref encore un jeune
délinquant qui a eu une enfance difficile. Dans un style très personnel, pas toujours de mon goût, proche du langage parlé, Françoise Xenakis se montre très convaincante et très cultivée. Sans en avoir l'air elle accompli un véritable travail d'Historien, même si l'abondante correspondance entre Néron, sa mère Agrippine et son mentor Sénèque ne sont que le produit de son imagination fertile. Je suppose que vous connaissez Mme Xénakis principalement pour sa rubrique littéraire dans Télé Matin (sur A2, une des rares émissions TV de bonne tenue…merci William !) mais elle a aussi écrit pas mal de bouquins et on notera quelques autres titres (alléchants) de l'auteur : - Moi j'aime pas la mer - Désolée, mais ça ne se fait pas - Mouche-toi Cléopâtre |
Maman, je veux pas être Empereur, Françoise Xenakis |

Je reproduis ci après la chronique associée a ce livre et disponible sur Amazon.fr
: Dire que la vie sous l'empire romain fut parfois rude pour ses gouvernants est un doux euphémisme à en croire la lecture du livre de Françoise Xenakis. Pour Néron - sacré empereur de Rome en 54 après J.-C. - cela fut un calvaire. Sous le joug de sa mère et amante forcée, poussé au pouvoir par cette dernière, l'empereur tenta en vain de faire passer ses réformes, de civiliser les mœurs ou encore de freiner la répression des Chrétiens. Il se mit ainsi à dos les Sénateurs avides d'argent et de pouvoir, se laissa abuser par sa naïveté et fut contraint finalement d'assassiner sa mère et de fuir Rome. Avant de finir fouetté jusqu'à ce que mort s'ensuive sur les marches du Sénat. Un destin à nul autre comparable ni enviable que Françoise Xenakis a le mérite de retracer à partir de tablettes retrouvées dans deux coffrets épargnés par le temps. Le premier dans une maison de bergers sur une île des Cyclades et le second chez un antiquaire crétois. Une découverte miraculeuse qui permet à l'auteur de réhabiliter Néron à travers les lettres et journaux intimes de l'empereur et de sa mère Agrippine II. Ceux-là entretinrent, outre une vaste correspondance, des relations aussi incestueuses que tragiques. Néron s'y révèle en réalité un homme épris d'équité, de poésie et finalement très avant-gardiste dans ses mœurs, seulement poussé aux excès par les conséquences de sa relation maternelle. Dans un style alerte et fourmillant d'anecdotes étonnantes, le livre penche parfois vers le péplum sitcom sans que cela nuise à son intérêt historique. -Stellio Paris- |