Au fil des pages...nous avons lu,
de Michel Houellebecq
,
Renaissance
Recueil de poèmes

MH donne la mesure de son mal-être dans ce recueil de poèmes en apparence hétéroclite. Ce livre est un miroir et suivant l'humeur du lecteur, une image différente pourra apparaître à chaque relecture (à plus forte raison d'un lecteur a l'autre). L'ensemble est délicieusement déprimant et laisse peu d'espoir. Les lecteurs de Michel Houellebecq ont des tendances sado-maso refoulées (je dois en faire parti).
3 extraits :
Genre « Terre à terre » (page 18) :
Les matins à Paris, les pics de pollution
Et la guerre en Bosnie qui risque de reprendre
Mais tu trouves un taxi, c'est une satisfaction
Au milieu de la nuit un souffle d'air plus tendre
Genre « Grosse Fatigue » (page 28) :
Les nuits passent sur moi comme un grand laminoir
Et je connais l'usure des matins sans espoirs
Le corps qui se fatigue, les amis qui s'écartent
Et la vie qui reprend une a une ses cartes
Genre « Romantique » (page 105) :
(Ce dernier extrait est atypique… l'auteur devait être anormalement bien dans sa peau lorsqu'il l'a écrit ?):
On se réveillait tôt, rappelle toi ma douce ;
La mer était très haute et moussait sous la lune
On partait tous les deux, on s'échappait en douce
Pour voir le petit jour qui flottait sur les dunes.